Pour cette première partie d’étape, ce sera direction le Boréon et son lac (barrage). Comme je ne continue évidemment pas sur Nice, je retourne dans le Mercantour avec grand plaisir. Après avoir passé assez facilement le col de Veillos, je prends le temps d’admirer le lac Gros entouré ce jour là d’innombrables moutons. Je continue jusqu’au le col de Barns, non loin de là. Ensuite, la descente se fait très facilement avec un chemin plutôt roulant et boisé avec un joli torrent qui le traverse. Après le col de Salèze, très facile à monter malgré la chaleur, la descente qui suit me mènera tout droit à la moitié de mon étape : Le Boréon. Petite pause oblige avec une chaleur toujours écrasante et une eau se faisant de plus en plus rare. En plus, comme les gites et autres hébergements du secteurs n’ouvrent pas avant 15h30 / 16h, il faut se débrouiller pour trouver à boire et à manger entre 12h00 et 16h00. C’est quelque chose qui a tendance à m’énerver un petit peu, mais passons. Faute de mieux, je trouve un filet d’eau qui me permet de boire un peu. Attention, à partir de cette étape jusqu’à Menton, les points d’eau sont rares voir très rares et il m’est arrivé à plusieurs reprises de me retrouver dans de mauvaises postures.  Je poursuis ma route en direction du lac du Trécol pour atteindre le pas des Ladres.

Magnifique lac avec son petit îlot au milieu. Je discute avec quelques bénévoles de la FFR qui retracent cette partie du GR5. Je passe ensuite par le col de Fenestre, puis par la Madone de Fenestre en passant devant le lac de la Madone de Fenestre. Le chemin continu jusqu’au refuge de la Madone où je prendrai le temps de manger la meilleure tarte aux myrtilles de la GTA, et dieu sait que j’en ai goûté souvent ! Ensuite, je monte le pas du Mont Collomb par des éboulis. Question ambiance, c’est, comment dirais-je… très spécial. D’un côté, les nuages et le brouillard nous privant de la vue donnent un côté « seigneur des anneaux » indéniable, comme une plongée dans l’inconnu. De l’autre, la vue et le beau temps qui éclaire encore jusqu’au refuge de la Madone. On passe de la lumière à l’ombre, c’est plutôt saisissant.

De l’autre côté, ce n’est pas un, ni deux chamois, mais facilement une dizaine que j’aperçois dont certains sont vraiment proches de moi mais qui par peur s’enfuient rapidement. La descente dans cette brume intense est relativement chaotique. Il y a pas mal d’éboulis dans lesquels le chemin et plutôt compliqué à trouver, d’autant encore une fois que le climat de ce côté-ci du pas ne m’est pas très favorable.
Une fois descendu, j’atteins le barrage du lac des Fous, ce barrage que je dois contourner pour arriver au refuge de Nice qui signe la fin de cette grande étape ! J’arrive relativement tard, je n’étais pas prévu à table mais gentiment le gardien me dresse un couvert. Je pars ensuite au bord du lac pour dormir au milieu des bouquetins, car jusqu’à Menton, plus aucune étape ne sera facile.