Encore une grosse journée aujourd’hui avec plus de 40 kms à parcourir avant la nuit et avec une traversée dans les jambes ! Mais, il y a de quoi être motivé, il y a ma copine à l’arrivée, voilà pourquoi j’ai une fois de plus une étape démesurée. Une fois arrivé à la Baisse du Bastos, première montée de ma longue journée, je passe vers le très joli lac de Niré où broute tranquillement un magnifique (et vieux semble-t-il) bouquetin, seul. Je prends la direction du lac de Basto, puis de la baisse de Valmasque. Le lac de Basto doit en règle générale avoir des couleurs magnifiques dont je n’ai malheureusement pas pu profiter vu la brume que j’ai eue  en matinée. Je fais mon entrée dans la vallée des merveilles. Jusqu’au refuge de la vallée des merveilles, pas grand chose à rajouter si ce n’est beaucoup d’indications sur les roches concernant des gravures datant de l’âge du bronze. Un parcours intéressant cependant et qui me captive avant l’arrivée au refuge. Un petit café, une tarte, et c’est reparti direction Sospel !

Juste après le refuge, c’est le lac Fourca qui s’offre à moi, disons qu’il se prête bien à la photo mais que le béton bien voyant qui l’entoure en partie me laisse pensif, mais passons. S’ensuivent le lac de Trem, le lac de la Muta et les lacs du Diable. Une succession de lacs depuis le début de la journée qui rend la montagne beaucoup plus belle et sympathique lorsqu’on en a plein les jambes ! L’ascension du Pas de Trem est sans difficulté, pareil pour celle du Pas du diable.

Petite anecdote : j’ai enfin du réseau ! D’après les jeunes qui tiennent le refuge des merveilles, il y aurait du réseau Orange au pas du diable, mais SFR fonctionne aussi, pour ceux que ça intéresserait.

J’enchaîne ensuite par la Baisse Cavaline,  le col de Raus et la Baisse de Saint-Véran. Ici encore, aucune difficulté notable, sentiers très roulant, même si la fatigue est bien là par la succession de toutes ces minis étapes.
Arrivé à la pointe des 3 communes, je prend la direction de camps d’argent (la station). Arrivé là-bas, rien n’était ouvert (comme souvent en début d’après-midi jusqu’à 16h) et je m’énerve car c’est mon dernier point de ravitaillement jusqu’à Sospel et il m’est impossible de faire le plein d’eau. Heureusement, je trouve des toilettes publiques in extremis pour remplir ma poche d’eau. Je reprend mon calme, et repars rapidement jusqu’à Sospel. Je dis rapidement car après avoir discuté avec plusieurs personnes et leur avoir dit d’où je venais, personne ne pouvait croire que je serais à Sospel avant la nuit avec une aussi grosse étape dans les jambes. J’entends, et j’accélère par peur de ne pas réussir mon pari, courant même parfois pour faire mentir mes topos ! La descente jusqu’à Sospel est incroyablement longue et difficile, elle est réputée pour cela et comme elle s’ajoute à mes grosses étapes de ces derniers jours et à une journée de plus de 41 kilomètres, ça ne pardonne pas, mes pieds en font les frais.

Arrivé à Sospel épuisé, rincé, sous les coups des 19h30 seulement, j’achète quelques victuailles dans l’épicerie du village et je vais directement au camping pour m’installer. C’est de loin la pire étape de ma traversée. Je vais dans un bar pour y attendre ma chérie qui a eu du retard avec son train, je fais un peu de pharmacie pour mes pieds sanguinolent en attendant. Demain, c’est la dernière étape d’un long et magnifique périple. Je commence à sentir que la fin s’approche et que mon retour à la civilisation est inévitable. Mais l’émotion ne viendra que plus tard, car pour l’heure, j’ai bien trop mal aux jambes, au pieds et aux mollets pour m’attrister là-dessus.