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Le système 3 couches : savoir s’habiller pour le trek et la randonnée !

Comment s’habiller pour randonner ou lors d’un trek ? Quid du système 3 couches dont tout le monde parle ? Qui ne s’est jamais posé la question quelques jours avant l’ascension d’un sommet, d’une balade au cœur de la forêt entre amis ou d’un trek de plusieurs jours en montagne ?
Vous êtes nombreux à vous perdre, trop souvent encore, dans le flot d’information sur le sujet.
Ici, je vais tenter de vous simplifier la vie, pour que vous puissiez répondre au mieux à vos besoins lors de vos prochaines sorties.

La première des choses à laquelle vous devez penser lorsque l’on parle d’équipement vestimentaire en randonnée/trekking, c’est le système 3 couches.

Qu’est-ce que le système 3 couches ?

 

Le système 3 couches est un système qui permet, en toutes circonstances, d’optimiser sa façon de s’habiller. Fini le temps où il fallait cumuler les couches pour avoir un peu de chaleur, le système 3 couches est une méthode simple qui permet :

  • via une première couche d’évacuer notre transpiration,
  • via une seconde couche de garder un maximum de chaleur
  • et via une troisième couche de se protéger des éléments extérieurs dans toutes les conditions.

Première couche


 

Cette couche va agir comme une seconde peau, elle est là pour vous permettre d’évacuer un maximum de transpiration pour éviter la « sensation de froid » tout en conservant un maximum de chaleur venant de votre propre corps.

Il existe plusieurs sortes de premières couches selon l’environnement et la température où vous évoluerez pendant votre activité.
Du simple t-shirt basique lorsqu’il fait chaud aux sous-vêtements techniques par temps plus froid par exemple, vous avez l’embarras du choix. Ceci-dit, les t-shirts simples vous permettront rarement d’être vraiment bien pendant votre activité.
C’est pourquoi il vaut souvent mieux opter pour un sous-vêtement technique que pour un simple t-shirt.

première couche sous-vêtement du système 3 couches pour randonnée et trek

Sous-vêtement

première couche t-shirt du système 3 couches pour randonnée et trek

T-shirt technique

 

 

 

 

 

 

 

Odlo par exemple a inventé un système de contrôle de la température (SCT) qui permet d’orienter l’acheteur vers l’un ou l’autre de ses modèles en fonction de ses besoins. Ce système de contrôle des températures classe par catégorie les différentes premières couches selon les degrés adéquat :

X-LIGHT : très respirant, très léger, très bon transfert d’humidité, parfait pour les temps chauds.

LIGHT : respirant, léger, toutes saisons, idéal pour la plupart des situations.

WARM : pour les activités hivernales, avec une bonne isolation thermique (plus chaude), donc un peu moins respirante et moins légère.

X-WARM : bonne évacuation de chaleur, empiècement de couches aux zones sensibles pour empêcher le froid de passer, grosse protection thermique, idéal pour les activités avec un froid extrême.

Ici, vous pouvez constater qu’il y a donc plusieurs types de « premières couches » selon la saison et l’environnement (montagne, plaine, bord de mer….). Vous l’aurez donc compris, une première couche est nécessaire si l’on souhaite profiter au mieux de son expérience outdoor.
Beaucoup de personnes sont tentées de penser que le rôle principal de cette première couche lorsqu’elle est un sous-vêtement est d’apporter de la chaleur alors qu’il n’en est rien, elle peut parfois par sa technicité retenir de la chaleur et vous en procurer quelque peu, mais sa véritable et première fonction est d’éviter que votre transpiration reste au contact de votre peau.

Une première couche oui, mais en quelle matière ?

La laine mérinos ou le synthétique ?

Éternel débat entre ces deux matières qui ont des qualités (et des défauts !) bien distincts.

En résumé :

La laine Mérinos a l’avantage d’être un produit naturel, qui ne gratte pas (oui oui), qui est moins lourd et apporte plus de chaleur que les sous-vêtements en synthétique. Par ailleurs, la laine mérinos est un allié de taille contre les mauvaises odeurs, cette laine ne retient pas les odeurs. Quelques défauts ? Trois seulement, son prix, sa « fragilité » et son temps de séchage.

Le synthétique quand à lui collera un peu plus à la peau (une qualité notable), il sera plus résistant en tant que matière et peut assembler plusieurs types de matières synthétiques différentes pour arriver à des produits très techniques pouvant répondre à tous les besoins. Des défauts ? Un produit pas naturel et qui peut engendrer, parfois, des démangeaisons ou autre problème selon les personnes (des allergies par exemple). Et contrairement au Mérinos, le synthétique garde les mauvaises odeurs, pendant et après l’effort.


Deuxième couche


 

Cette couche intermédiaire sert à apporter de la chaleur et à continuer de transférer l’humidité vers l’extérieur. Plusieurs possibilités donc pour cette seconde couche :

deuxième couche micropolaire du système 3 couches pour randonnée et trek

La micropolaire

La micropolaire :

La plus couramment utilisée pendant l’activité sportive car elle est légère, chaude, respirante et peut être utilisée facilement pendant l’effort. Elle n’empêche pas la liberté de mouvement et se range facilement dans le sac à dos si vous n’en avez plus le besoin.

deuxième couche polaire du système 3 couches pour randonnée et trek

La polaire

 

 

La polaire : Elle est plus chaude que la micropolaire, mais aussi plus lourde, moins respirante, et hormis les situations de grands froids, elle va s’avérer souvent trop chaude et sera plutôt à privilégier pour les bivouacs, le soir, après l’effort.

 

 

 

deuxième couche doudoune du système 3 couches pour randonnée et trek

La doudoune

La doudoune : Le meilleur apport thermique de sa catégorie, la doudoune (surtout si elle est en duvet véritable et non en synthétique) est elle aussi à privilégier pour un confort après activité. Si elle est utilisée pendant le trek par exemple alors que la température n’est pas assez basse, il risque d’y avoir sur-transpiration et bien que les modèles les plus techniques sont relativement respirants, ils ne sont pas faits non plus fait pour évacuer autant de transpiration. A n’utiliser pendant l’effort que lorsqu’il fait vraiment froid. Aussi, les duvets naturels n’aiment pas du tout l’humidité et prendront longtemps à sécher, sauf s’ils disposent d’un traitement hydrophobe spécial (beaucoup plus résistant à l’humidité) comme pour certaines doudounes RAB par exemple.

Idem pour cette seconde couche, la question entre la laine mérinos et le synthétique est posée. Tout porte à vous diriger vers du mérinos (sauf pour la doudoune cela va de soi) si vous en avez la possibilité, seul votre budget peut vous limiter dans cet achat.
Petite chose aussi mais qui a son importance, vous aurez le choix d’une couche intermédiaire zippée sur toute sa longueur (utile pour l’ouvrir s’il fait trop chaud mais perd de la chaleur à cause du zip lorsqu’elle est fermée), zippée sur le haut seulement (permet là aussi une aération partielle bien appréciable par beau temps,), ou sans zip (pas de possibilité de s’aérer mais pas de perdition de chaleur). Là encore, tout dépend de votre activité et de l’environnement où vous comptez la pratiquer.


Troisième couche


 

Cette troisième et dernière couche est tout aussi importante que les précédentes. Elle va vous permettre de vous protéger des éléments extérieurs, notamment de la pluie et du vent, tout en apportant plus ou moins de chaleur et de respirabilité supplémentaire selon les besoins de votre activité.
Là aussi, vous avez plusieurs possibilités :

 

troisième couche ultralight du système 3 couches pour randonnée et trek

Veste Ultralight

 

Des vestes ultralight : elles sont taillées pour le trail et la randonnée ultra légère : coupe-vent, aucun apport de chaleur, très légères, imperméables et non respirantes. Ce sont des vestes optimisées pour le poids et l’imperméabilité, elles sont fragiles et endossent mal le port de sacs à dos.

 

 

troisième couche hardshell du système 3 couches pour randonnée et trek

Veste Hardshell

Des vestes Hardshell : plus robustes que les précédentes, plus thermiques, coupe-vents et imperméables, elles sont avant tout faites pour vous protéger des intempéries. Elles sont pratiques à transporter, idéales pour la randonnée et le trekking en général. Plusieurs marques ajoutent des renforts aux épaules, un rapport imperméabilité/respiration accru et un tas de poches et accessoires pratiques, elles sont le plus souvent dédiées à l’alpinisme. Elles peuvent elles aussi convenir au trekker, mais pour cet usage leur technicité sera pas pleinement exploitée.

troisième couche softshell du système 3 couches pour randonnée et trek

Veste Softshell

Des vestes softshell : celles-ci sont généralement souples et beaucoup plus chaudes que les vestes hardshell, elles sont respirantes mais peu voire pas imperméables. Elles seront plus lourdes et bien moins pratiques lors de vos excursions sur plusieurs jours.
Elles sont adaptées aux sorties ski ou comme veste à utiliser au quotidien pour ceux qui aiment, pendant l’hiver, avoir une veste plus chaude. Elles sont moins adaptées au trekking et à l’alpinisme mais ont cet avantage de pouvoir agir comme seconde et troisième couche en même temps.

 

Concernant l’imperméabilité, il existe plusieurs types de membranes (MP+, Goretex, etc.) et même si certaines membranes sont plus connues que d’autres, sachez que dès que vous atteignez une imperméabilité de 20 000 mm (test de la colonne d’eau), vous avez affaire à une haute imperméabilité et vous avez donc peu de chance d’être mouillé pendant vos sorties à moins de marcher plusieurs heures sous une pluie battante (ce qui m’est toutefois déjà arrivé).
J’ajoute aussi ici que Goretex n’est pas une garantie d’hyper-imperméabilité, c’est une marque et plus précisément un type de membrane qui est utilisé ou non par des fabricants de vêtement de sport. Des membranes MP+ 30 000 mm développées pour la marque Raidlight et Vertical entre autres sont au moins si ce n’est plus imperméable que les membranes Goretex (qui avoisinent en moyenne les 28 000 mm).
Tous les fabricants peuvent pousser vers plus d’imperméabilité et se rapprocher de l’étanchéité, mais le but est plus complexe et demande aussi qu’elles soient respirantes au possible, il faut ainsi ingénieusement jongler entre une membrane assez fine pour qu’elle ne laisse pas passer l’eau, mais assez grosse pour qu’elle puisse laisser passer la vapeur d’eau, et c’est tout le travail des développeurs.

Voilà, vous avez les informations principales concernant le système 3 couches pour partir serein en sorties randonnées/trekking. N’oubliez pas que les magasins spécialisés sont vos meilleurs alliés pour vous aider à finaliser vos choix avec des conseillers vendeurs à votre écoute (comme au  » Vieux Campeur » par exemple).

Bonne marche !

Tecnica Forge GTX : Test de LA chaussure révolutionnaire du moment !

Test tecnica forge

Tecnica Forge GTX 2018


Les caractéristiques


Tige: Cuir Nubuck de 1,8 mm avec base en tissu élastique
Revêtement: Gore-Tex® Extended Comfort Footwear
Intercalaire: Système adaptable, EVA 2 couches plus ESS 1 couche
Semelle interne: C.A.S. personnalisable – trekking
Semelle: Vibram® Forge avec mélange Megagrip
Poids: 595g


Les conditions du test


Randonnée de 2 jours dans le Vercors (~ 25 kms A/R)

– type de terrain : humide (40cms de neige), alpage, terrain roulant en sous-bois ou à flanc de falaise.
– le temps : Froid et humide (début Avril 2018) aux alentours de 1700m d’altitude.

Trek de 5 jours en Bretagne (tour de la presqu’île de Crozon ~ 150kms )

– type de terrain : chemin cassant à flanc de falaise, chemin roulant le long de la côte, dune de sable, forêt et racine omniprésente, caillouteux.
– Le temps : Couvert, avec une journée type tempête (rafale de vent à plus de 120/140kms/h avec pluie).

Thermoformage et premières impressions


Après avoir choisi ma paire de chaussure à la bonne pointure, je me dirige avec un vendeur dans un coin du magasin pour le thermoformage de mes semelles et de mes chaussures. A cet endroit, on trouve une sorte de mini compresseur et un banc sur lequel je m’assied, ensuite je quitte mes chaussures et j’enfile une sorte de chausson ou c’est glissé à l’intérieur la semelle de ma nouvelle chaussure. Une fois fait, je mets mon pied et son chausson à l’intérieur d’un airbag de compression, une pression s’exerce et c’est la que la magie opère sur la semelle qui va prendre l’exact forme de mon pied. Idem pour thermoformer le semelle de mon autre pied. Pour la partie « chaussure », pas de chausson a enfiler, il faut seulement mettre son pied dans la nouvelle chaussure (préalablement chauffée) et enfiler l’airbag de compression comme précédemment.
Une fois fait, j’ai une paire de chaussure est une paire de semelle thermoformée à l’image de mon pied qui devrait me permettre plus de confort, moins de gêne est une adaptation parfaite à ma nouvelle paire de chaussure.
Tout d’abord, d’aspect, nous sommes en présence d’une paire de chaussure au design travaillé qui risque bien de ravir tous ceux pour qui l’esthétique est une donnée importante lorsqu’il s’agit de choisir une nouvelle paire de chaussure. Tout de suite, une chose me frappe : Les lacets sont ronds, et c’est souvent signe de fragilité.
LES CRANS EXTRA LARGES SONT INVERSÉS POUR AUGMENTER LE CONTACT DU CAOUTCHOUC AVEC LE TERRAIN.
Comme vous pourrez le constater, j’ai pu tester ces chaussures dans pas mal de type de terrains différents et dans des conditions météos divers. Je pense qu’avec ces deux tests, je peux avoir un avis assez objectif de ce que valent vraiment ces chaussures.
Enfin, la semelle d’usure Vibram®Megagrip

La grande traversée des Alpes en moins de 25 jours de marche

Lac de la Plagne - Massif de la Vanoise

Lac de la Plagne – Massif de la Vanoise

La Grande Traversée des Alpes (GTA) est un trek de 600kms environ et de plus de 38000m de dénivelé positif (si l’on termine à Menton), qui se fait habituellement en 1 mois/1 mois et demi, et que j’ai décidé de parcourir durant l’été 2017, seul, en moins de 25 jours de marche, d’une seule traite et en autonomie de couchage (tente).
Pour ce faire, j’ai emprunté le GR5 en partant de Saint-Gingolph jusqu’à Saint-Dalmas de Valdebore, puis le GR52 jusqu’à Menton. La version la plus « classique » se fait de Thonon-Les-Bains jusqu’à Nice, mais la plus belle, et accessoirement la plus raide se fait de Saint-Gingolph jusqu’à Menton.

Ce site peut vous aider à préparer votre itinéraire et votre matériel si vous souhaitez tout comme moi faire cette traversée en version un peu plus sportive et autonome qu’elle ne l’est habituellement.
Pour le reste, vous trouverez mon récit de voyage où je partage mon ressenti jour après jour, étape après étape, avec quelques conseils, photos, et une vision globale de ce qui vous attend.
Je tiens à vous préciser ici que j’ai défini cet itinéraire selon ma condition physique, en lien avec les jours de congés que j’ai pu poser (30 jours), et par rapport au défi que je voulais réaliser (la traversée des Alpes en moins de 30 jours). Cette traversée, comme je l’ai effectuée, demande une bonne condition et un peu d’entrainement.
Quelques réponses aux question qui me sont le plus souvent posées :

  1. Pourquoi traverser les Alpes ?

     

    Pour moi, une réponse s’est très vite imposée. J’avais ce besoin de me retrouver, de partir plusieurs semaines dans un espace naturel, seul et en autonomie de couchage, loin de la société et de ses obligations, pour retrouver mon essence même. C’est avant tout ça, le trekking, pour moi.
    En fait, j’avais besoin de vivre, de me sentir vivre, et je savais que rien ne serait mieux que la marche pour y parvenir, pour apporter des réponses à mes questions et pour vivre intensément l’instant présent.
    Je n’ai pas choisi les Alpes par hasard pour faire ce trek. Outre ce besoin de nature, j’avais aussi besoin de réaliser un vrai défi, je ne voulais pas d’une promenade de santé, et je voulais aussi et surtout contempler des paysages extraordinaire. Originaire du département de l’Isère, les Alpes étaient déjà un de mes terrains de jeux favori, et la grande traversée des Alpes était souvent citée comme l’un des 10 plus beaux treks au monde. Une évidence donc.

  2. Quels ont été les facteurs à prendre en compte pour préparer mon itinéraire ?

     

    Le dénivelé et les kilomètres sont deux paramètres importants à prendre en compte pour organiser sa traversée, ils ont rythmé le découpage de mes étapes, mais pour cela, encore faut-il bien se connaitre.
    Que suis-je capable de faire ? Combien de kilomètres par jour ? En combien de temps ? Avec quel dénivelé positif ? Quel dénivelé négatif ? Suis-je endurant sur plusieurs semaines ? Suis-je sujet aux blessures (tendinite, élongation, entorse aux genoux, chevilles, etc.) ?
    Autant de questions que vous vous devez de répondre pour construire votre projet.
    Par exemple, si vous êtes plutôt sportif, que vous n’êtes que très rarement blessé, que vous avez l’habitude du D+, des grandes randonnées en montagne, et que le mauvais temps n’est pas un problème pour vous, la grande traversée des Alpes est faite pour vous 🙂
    Dénivelé, kilomètres, connaissance de soi et de la montagne… voilà les 4 éléments qui vous permettrons de programmer sereinement votre grande traversée des Alpes.

  3. Comment créer son itinéraire ?

     

    Vous avez tout d’abord deux possibilités d’itinéraire « classique » concernant les GR à suivre : Suivre le GR5 de A à Z, de Thonon-les-Bains (ou Saint Gingolph) jusqu’à Nice, ou partir toujours du Gr5 (Thonon-les-Bains ou Saint Gingolph) jusqu’à Menton (GR52).
    La première est plus courte, mais moins sportive, la seconde un peu plus longue et avec plus de D+. Une fois que vous avez choisi votre départ, votre arrivée, et votre (vos) GR à emprunter, vous n’avez plus qu’à découper ta traversée en autant d’étapes que vous le souhaitez.
    Si vous êtes en tente, tu auras évidemment plus de liberté pour découper vos étapes.
    Si au contraire vous êtes en refuge tout le long, vous devez évidemment clore chacune de tes journées par un refuge ou un gîte d’étape, ce qui demande plus d’anticipation.
    Aussi, selon vos capacités physiques, vous pourrez  vous imposer 20/25/30 kms de marche par jour. C’est grosso modo ce que j’ai fait avec une moyenne de 25 kms par jour, en me laissant 4 jours de battement au cas où il y aurait blessure ou besoin de repos. J’ai utilisé au final une seule journée sur ces 4 journées bonus. Je l’ai utilisé par défaut, non par besoin, vous comprendrez mieux pourquoi en lisant mon récit de voyage.
    Pour résumer : Vous validez votre GR à suivre, et vous le découpez en différentes étapes en prenant bien en compte vos capacités physiques et sportives, vos envies et votre mode de couchage.

  4. Quand effectuer la grande traversée des Alpes ?

     

    La saison idéale pour éviter au maximum la neige et les intempéries est bien sûr l’été. Mais elle peut aussi être effectuée à la fin du printemps ou encore au début de l’autonome, mais cela dépendra beaucoup de la météo. Si nous avons un printemps sec ou caniculaire, apparemment pas de souci pour partir en juin par exemple, la fonte des neiges ayant été déjà bien amorcée.

    Idem pour le début de l’automne. Mais vous risquez d’avoir des chutes de neige qui pourront vous bloquer et vous empêcher de progresser.
    je conseille donc de partir en juillet/août, même si selon le contexte, nous pouvons la faire un peu plus tôt ou un peu plus tard.

  5. Seul ou avec des amis ?

     

    Tout dépend du but recherché. Je suis parti seul et je ne le regrette pas. il y a certaines aventures que l’on se doit, à mon sens, de parcourir seul, et pour moi ce fut celle-ci. Tout est un peu plus compliqué tout seul, marcher, réfléchir, s’orienter, monter/démonter le bivouac, laver le linge, bref c’est la débrouille et c’est ça que j’aime beaucoup.
    Pour ceux qui veulent partir à plusieurs, c’est évidemment une sécurité supplémentaire, et un partage immédiat. Moi je cherchais entre autres la solitude pendant cette aventure, donc le voyage seul c’est imposé à moi.
    Les deux sont donc évidemment possible, l’aventure n’est juste pas la même.

  6. En tente ou en refuge ?

    J’ai choisi la tente pour des raisons déjà évoquées plus haut, pour être seul et rester le plus possible au cœur de la nature.
    Outre la philosophie qui accompagne mon choix, il y a aussi une question de budget. Lorsque l’on bivouaque, on économise beaucoup, beaucoup d’argent. Pour 30€ en moyenne la nuit, faites le calcul, vous pouvez facilement économiser 750€ en 25 jours. Posez-vous là aussi les bonnes questions.
    Ais-je vraiment besoin de tout ce confort ? Si vous y êtes attaché, partez pour les refuges et les gîtes, sinon, la tente sera votre nouvelle maison 😉

  7. Quid de la nourriture ?

    J’ai fait le choix de ne pas porter de nourriture pour plusieurs jours.
    D’une part, parce que la nourriture ainsi que le réchaud qui l’accompagne rajoute inévitablement pas mal de poids au sac à dos.
    D’autre part, parce que nous rencontrons tellement de refuges, d’auberges et de gîtes que le besoin ne se fait jamais ressentir.
    Par ailleurs, si vous voulez une autonomie totale en nourriture, bon courage pour 25 jours de marche…..vous devrez composer donc « obligatoirement » avec l’envoi de nourriture en colis à un moment ou à un autre.
    En ce qui me concerne donc, j’ai soit mangé dans les refuges ou restaurant (lors de mes passages en ville), soit des pique-niques.
    Avec le recul, je pense que j’aurai pu tendre vers plus d’autonomie alimentaire.
    je vous encourage à prendre avec vous de la nourriture sur plusieurs jours ainsi qu’un réchaud, l’expérience ne sera que plus belle.

  8. La grande traversée des Alpes, en combien de temps ?

    Pour ma part, j’ai mis exactement 26 jours pour effectuer ma traversée alors que je comptais initialement en mettre 27.
    Sur ces 26 jours, j’ai du m’arrêter 1 jour et demie pour un problème au pied (seulement une ampoule bizarre, que j’ai mal interprété).
    Alors, en marche effective, j’ai mis un peu moins de 25 jours pour traverser les Alpes françaises (24,5 jours).
    Sur internet, vous trouverez une majorité de récits de personnes ayant effectué la traversée en 30/40 jours de marche.
    Alors, qu’est-ce qu’une traversée en 25 jours ?
    C’est en moyenne 25kms et 1500m de D+ par jour pour boucler les 600kms et les 38000m de D+ du parcours (jusqu’à Menton).

Des topos guides spécifiques pour réaliser cette traversée sereinement ? Il en existe, dont 4 topos édités par la fédération française de randonnée dont voici le premier, du Léman à la Vanoise :

Topo guide du Léman à la Vanoise par le mont-blanc et le Beaufortain (FFR)

Aussi, vous pourrez trouver quelques informations supplémentaires sur la GTA par le GR5 ici :

Informations sur la GTA par le GR5 (FFR)

Voilà, je pense avoir répondu à quelques unes de vos interrogations, pour le reste, je vous laisserai consulter mon récit de voyage où vous retrouverez mes photos et mes impressions, col après col, étape après étape. Bon visionnage !

Matériel utilisé


VÊTEMENTS


Veste ultralight Raidlight

Veste Imperméable
Pas de veste softshell ou autre, mais une veste imperméable ultralight de chez Raidlight (gain de poids énorme dans le sac à dos) développé en collaboration avec la FFR, parfait pour ce trek. Tient au sec très longtemps même avec une grosse pluie de plusieurs heures, il est ultra léger et ne prend pas de place. C’est tout ce qu’on veut.

 

Micro polaire Raidlighjt

Micro polaire
Une micro polaire Raidlight, légère elle aussi et juste assez chaude pour convenir à ce type de trek. C’est une polaire pour faire du trail qui possède un zip de haut en bas.

 

 

T-shirt Salomon

T-shirts
Je n’avais que 2 t-shirts légers Salomon à manches courtes et un t-shirt Quechua à manches longues. Toujours pareil, pour une question de légèreté, j’ai préférer minimiser le nombre de t-shirts pour privilégier le poids pendant mon trek. Je me suis dit que 2 t-shirt suffiraient, et ce fut le cas. Les t-shirts ne pèsent pas lourd, certes, mais c’est en rognant sur un tas de petites choses qu’on arrive à des kilos au final.

 

Short Salomon

Shorts
Un short Asics et un short Salomon. Là aussi j’ai opté pour la légèreté. Pour ma part, pas besoin de short à poche, tout est dans mon sac à dos. Attention à bien prendre des shorts où on se sent à l’aise lorsque l’on a beaucoup de dénivelé à faire. Un short trop long avec des poches peut être lourd et trop rigide à la longue sur ce type de trek.

 

 

Pantalon Quechua

Pantalon
Voici mon seul pantalon pour cette traversée. Il ne m’a servi que lorsqu’il pleuvait, pour mettre en dessous de mon sur-pantalon, ou le matin lorsque je partais très tôt et qu’il ne faisait pas très bon à l’aurore. Il est simple et indispensable.

 

 

Chaussette technique

Sous-vêtements
2 caleçons et 3 paires de chaussettes techniques MID (spéciales trek et grande randonnée). Pas besoin de plus. J’ai lavé le tout le plus souvent possible et c’était parfait. Petit conseil concernant les chaussettes : Attention lorsque vous mettez des Compeed pour marcher malgré vos ampoules, si vos pansements ne sont pas bien collés, ils vont bouger et se retrouver sur vos chaussettes, et là, bon courage pour les enlever et pour retrouver une chaussette normale….!


 

Surpantalon Raidlight ultralight

Sur-pantalon
Un sur-pantalon Raidlight. Il ‘ma servi durant toute ma première semaine sous la pluie, ça aurait été très très très compliqué sans. Hyper léger, facile à mettre et à enlever, et d’une légèreté incomparable.

 

 

Salomon X-Ultra

Chaussures
Une paire de chaussures Salomon X-Ultra, semi-montantes, Goretex et ultra-légères. Malgré la membrane en Goretex, pas assez étanche selon moi (3h sous une pluie battante et les pieds commencent à se mouiller, même constat pour Bruno, une personne que j’ai rencontrée pendant ma traversée et qui les avait aussi au pied). Mais rien d’étonnant, en effet, pour une très bonne respirabilité, Salomon à opté pour une chaussure très largement en tissu, ce qui fait saturer plus rapidement la membrane goretex. Je pensais que ça serai suffisant pour un trek d’été dans les Alpes mais ça ne l’a pas été. Pour le reste, on ne les sent pas et c’est ce que je voulais, j’ai horreur des chaussures à tiges hautes qui empêchent la liberté de mouvement du pied et de la cheville. Avec ces chaussures, j’avais la légèreté, une tige MID et une membrane goretex, c’était idéale pour moi, bien que ça se soit révélé insatisfaisant à cause du temps. Du reste, une meilleure accroche n’aurait pas été de trop non plus, les crampons ont vite capitulé.

 


ACCESSOIRES


Sac à dos
Un sac à dos Osprey Atmos 50L. Une merveille pour le dos, des bretelles très confortables et réglables pour un ajustement parfait. Une poche nous donne accès directement au bas du sac à dos sans avoir à tout enlever. A l’intérieur, il y a un emplacement pour mettre une poche de 20L d’eau. Housse anti-pluie fournie avec et surtout une tenue incroyable au niveau des hanches. Question organisation, je mets mes vêtements anti-pluie dans le bas du sac à dos (facilement accessible), ma crème et mes accessoires secondaires dans le rabat (que l’on peut au choix laisser ou enlever) et le reste au milieu. Le sac à dos était plutôt à l’équilibre même si avec le recul je garderai plutôt la poche du bas pour le sac de couchage.

 

Oreiller Quechua

Oreiller gonflable
Un oreiller gonflable de chez Quechua. Petit, léger, rapide à gonfler, prend un minimum de place. Bref, parfait lorsqu’on fait la traversée en tente.

 

 

Spork light my fire

Fourchette/cuillère
Pas besoin de couverts spécifiques pour moi, ni de tasse ou de réchaud. Je n’ai eu donc besoin que d’une Spork pour manger quelques boites ou autres sur le trajet lorsque c’était nécessaire.

 

 

Trousse premiers soins

Trousse de secours
Un kit de premier secours McKinley. Une fois complétée, elle m’aura beaucoup servi dès les premiers jours pour panser mes premiers bobos : ampoules et frottements. La mienne était petite parce que j’avais des possibilités de me ravitailler tout au long du GR5. Elle est indispensable, mais ce n’est pas pour cela qu’il faut prendre la plus grosse avec un tas de choses inutiles à l’intérieur, il faut bien la penser et l’adapter selon ses besoins. Par exemple, j’ai mis beaucoup de GSA dans la mienne, et pas mal de pansements déjà présents à l’intérieur ne m’ont jamais servi. N’hésitez pas à remodeler votre trousse de secours une fois achetée pour l’optimiser au maximum.

 

Lunettes de soleil
Parce qu’à partir des Hautes-Alpes, ça cogne ! Attention, bien prendre des lunettes avec une protection au moins de type 4.

Opinel olivier N°8

Couteau
Un opinel (n°8) est toujours utile. Que ce soit pour manger ou bien pour couper une cordelette ou encore pour se défendre (sait-on jamais), cet opinel à rempli toutes ces tâches.

 

Petits cahiers de randonnée
Un pour noter chaque étape de rando (temps, météo, type de terrain, nombre de kms, de D+ etc.), l’autre pour faire le récit de ma traversée. J’aurais pu, après réflexion, n’en prendre qu’un seul. Pour mon prochain trek, je vais abandonner les cahiers pour un dictaphone, bien plus pratique, et qui permet surtout pendant la marche de donner ses impressions, son ressentis etc….

Loupe
Parce qu’observer à la fin de son étape du jour la flore d’un peu plus près, c’est toujours sympa. Je finissais très souvent mes étapes en début ou milieu d’après-midi, me laissant beaucoup de temps pour flâner, discuter et admirer les paysages. Et j’adore ce genre d’activité qui me permet de contempler encore plus le milieu naturel.

Livre
Un livre pour aider parfois à s’endormir et clore une journée bien remplie (dans les forêts de Sibérie, de Sylvain Tesson).

Bâton Guidetti G-Light

Bâtons de marche
Une paire de bâtons français Guidetti G light que j’ai trouvé vraiment solides et plutôt légers. Ayant perdu un bâton lorsque je me suis fait une frayeur sur une variante du GR5 vers Bonneval-Sur Arc, j’ai évolué pendant 8 jours sans, je peux vous dire qu’on sent bien la différence. Quand on porte plus de 12 kilos sur le dos et que l’on fait tous les jours des étapes avec un fort dénivelé, ils deviennent vraiment indispensables pour bien vivre son trek. On aborde mieux les descentes et c’est un petit coup de pouce pour les montées. Indispensable pour ce genre de trek.

Serviette microfibre

Serviette de bain
Une petite serviette technique ultralégère. j’ai commencé avec une quechua mais qui ne séchait pas assez vite à mon goût, je l’ai changé à Montgenèvre dans un petit Intersport).

 

 


COUCHAGE


 

Tente Hubba Hubba NX MSR

Tente
Une tente hubba/hubba NX de chez MSR, oui c’est une tente deux places mais j’ai investi pour m’en servir avec ma copine dans mes futures excursions. Cette tente était juste parfaite. Pas de condensation à l’intérieur, de place à l’intérieur, encore plus grâce à ses deux absides. Une étanchéité parfaite, facile à monter et à régler. Et que dire de son poids ? 1.5 kg seulement !

Matelas prolite Thermarest


Matelas

Matelas prolite Thermarest 1 place, très compact dans le sac à dos, facile à monter (auto-gonflant) et confortable. Rien à dire.

 

 

Sac de couchage Wilsa ultralight 300

Sac de couchage
Sac de couchage Wilsa ultralite 300, de la marque française d’équipement outdoor Wilsa. Il est 3 saisons, très léger (seulement 600g), en duvet d’oie blanche, avec une température d’utilisation +6 à 0°C. Ce sac de couchage est parfait pour la GTA en été. Même avec un temps très moyen (beaucoup de pluies et de la neige), je n’ai jamais eu froid.

 

Filtre à eau MSR


Filtre à eau

Un filtre MSR qui a été très utile tout le long de ma traversée. Pas de refuge avant un bon moment ? Vous aimeriez bien boire directement l’eau du ruisseau mais vous avez peur qu’elle ne soit pas potable ? Vous avez raison de vous poser la question, il n’y a rien de pire que d’avoir des maux d’estomacs et la diarrhée pendant plusieurs jours à cause de ça. Pour éviter tous ces problèmes et pour rentrer un peu plus dans l’autonomie, j’ai pris un filtre MSR qui m’a permis de boire dans beaucoup de ruisseaux sans aucun problème. Je n’en avais pas auparavant, une vraie belle découverte ! Évidemment, ça ne filtre pas les virus, mais ça rend n’importe qu’elle eau potable, et c’est déjà beaucoup ! Ce filtre est pour moi bien mieux que les pipettes lifestraw pour la simple et bonne raison que vous ne pouvez pas remplir de bouteille avec la lifestraw et parce qu’avec le filtre MSR, vous n’êtes pas obligé de vous coucher par terre pour boire au ruisseau. Du reste, elle filtre jusqu’à 3000 L d’eau. On a le temps de voir venir.

 

Couverture de survie

Couverture de survie :
Sur les conseils d’un vendeur du vieux campeur, je m’en suis servi comme t
apis de sol sous ma tente. Elle m’a totalement isolé du froid et marche au moins aussi bien qu’un vrai tapis de sol, pour… 3€ seulement ! Je recommande. En revanche, j’aurais dû la changer au bout de deux semaines et demie, elle commençait à fatiguer mais je suis allé au bout avec la même. N’hésitez pas à la changer avant la fin de votre traversée.


HYGIÈNE


Trousse d’hygiène
Une trousse Osprey qui s’est avérée parfaite pour la GTA. Un peu cher, certes, mais elle dispose d’un crochet pour la suspendre à une poignée de porte, à un plafond de tente ou un porte manteau de camping. Elle se déplie à la verticale, super pratique et bien pensée à l’intérieur pour le rangement.

 

Savon
Un savon de Marseille (un vrai) pour me laver comme pour laver le ligne. 2 savons de Marseille de 150g chacun auront fait toute ma traversée. Si vous êtes un peu moins précautionneux que moi et que vous aimez mettre beaucoup de savon sur votre linge comme sur vous, je vous conseille d’en prendre de 400g. C’est moins pratique et plus lourd par contre. Rentrer un savon de 400g dans une petite trousse de voyage n’est pas chose facile.

 

Papier toilette
4 petits rouleaux biodégradables achetés au vieux campeur. Svp, prenez du biodégradable, et ne ramenez plus du chimique en montagne 🙂

 

GSA
Un tube de GSA (pour les douleurs articulaires). Un bon produit que vous pouvez trouver en magasin bio, il sert à détendre et faire du bien à vos articulations après un effort spécifique ou seulement pour soulager des tensions. Parfait pour les genoux, le cou, le bas du dos… j’en ai souvent mis.

 

Huile essentielle
Une huile essentielle de Menthe poivrée bio pour les maux de tête. Ça arrive, et c’est toujours embêtant, le mal de tête va disparaître quelques minutes après avoir appliqué 2 gouttes d’huiles essentielles de menthe poivrée sur chacune de vos tempes. C’est tout de même mieux qu’un doliprane chimique non ? Et pas besoin d’eau 😉

 

Crème anti-frottement NOK

Crème Nok
Une crème anti-frottement vraiment performante. Sous de grosses chaleurs avec un fort dénivelé et beaucoup de kilomètres, elle peut sauver votre GTA. Pour une utilisation optimale, n’hésitez pas à commencer à en mettre plusieurs jours avant de débuter votre traversée (pieds, entrejambe, épaules….), ainsi vous éviterez tous types de frottements.

 

Pansement 
Via votre trousse de secours, vous aurez déjà quelques pansements utiles, mais c’est mieux d’en acheter des plus adaptés à vos besoins. Par exemple, des grandes bandes qui vous permettront d’ajuster la taille comme vous le souhaitez. Idem, des pansements anti-ampoules sont quand même bien plus agréables et plus collants que des pansements « normaux ».

 

Jour 26 : Sospel / Menton (17kms / 1150 m de D+)

Dernier jour de ma traversée. Elle sera effectuée avec ma chérie qui a fait le déplacement pour ce grand moment. Je pars avec elle tôt le matin, le cœur léger. C’est pour atteindre le col du Razet que nous allons commencer à monter en sous-bois sous un ciel un poil menaçant. Une fois fait et après quelques pluies éparses, on monte le col du Berceau, et de-là la vue est imprenable sur Menton et les Alpes qui se jettent littéralement dans la mer méditerranée. Après être passés sur un plateau où manifestement a eu lieu un incendie, nous ne tardons pas une bonne heure après à arriver sur Menton. Il faut maintenant traverser la ville pour arriver jusqu’à la Mer que je m’étais promis de toucher. Nous voyons finalement la ville assez tôt des hauteurs et nous prenons bien au moins 2h sur un bon pas à arriver jusqu’à la mer. Ça y est, c’est fait, j’ai traversé les Alpes françaises du plus grand lac d’Europe jusqu’à la Mer méditerranée. Les Alpes (le monde lumineux en celtes) ont tenu toutes leurs promesses. Merci pour la beauté de ses paysages et le bien être qu’on ressent chaque jour en foulant tous ces massifs de nos pieds.

Jour 25 : Refuge de Nice / Sospel (41 kms / 1600m de D+)

Encore une grosse journée aujourd’hui avec plus de 40 kms à parcourir avant la nuit et avec une traversée dans les jambes ! Mais, il y a de quoi être motivé, il y a ma copine à l’arrivée, voilà pourquoi j’ai une fois de plus une étape démesurée. Une fois arrivé à la Baisse du Bastos, première montée de ma longue journée, je passe vers le très joli lac de Niré où broute tranquillement un magnifique (et vieux semble-t-il) bouquetin, seul. Je prends la direction du lac de Basto, puis de la baisse de Valmasque. Le lac de Basto doit en règle générale avoir des couleurs magnifiques dont je n’ai malheureusement pas pu profiter vu la brume que j’ai eue  en matinée. Je fais mon entrée dans la vallée des merveilles. Jusqu’au refuge de la vallée des merveilles, pas grand chose à rajouter si ce n’est beaucoup d’indications sur les roches concernant des gravures datant de l’âge du bronze. Un parcours intéressant cependant et qui me captive avant l’arrivée au refuge. Un petit café, une tarte, et c’est reparti direction Sospel !

Juste après le refuge, c’est le lac Fourca qui s’offre à moi, disons qu’il se prête bien à la photo mais que le béton bien voyant qui l’entoure en partie me laisse pensif, mais passons. S’ensuivent le lac de Trem, le lac de la Muta et les lacs du Diable. Une succession de lacs depuis le début de la journée qui rend la montagne beaucoup plus belle et sympathique lorsqu’on en a plein les jambes ! L’ascension du Pas de Trem est sans difficulté, pareil pour celle du Pas du diable.

Petite anecdote : j’ai enfin du réseau ! D’après les jeunes qui tiennent le refuge des merveilles, il y aurait du réseau Orange au pas du diable, mais SFR fonctionne aussi, pour ceux que ça intéresserait.

J’enchaîne ensuite par la Baisse Cavaline,  le col de Raus et la Baisse de Saint-Véran. Ici encore, aucune difficulté notable, sentiers très roulant, même si la fatigue est bien là par la succession de toutes ces minis étapes.
Arrivé à la pointe des 3 communes, je prend la direction de camps d’argent (la station). Arrivé là-bas, rien n’était ouvert (comme souvent en début d’après-midi jusqu’à 16h) et je m’énerve car c’est mon dernier point de ravitaillement jusqu’à Sospel et il m’est impossible de faire le plein d’eau. Heureusement, je trouve des toilettes publiques in extremis pour remplir ma poche d’eau. Je reprend mon calme, et repars rapidement jusqu’à Sospel. Je dis rapidement car après avoir discuté avec plusieurs personnes et leur avoir dit d’où je venais, personne ne pouvait croire que je serais à Sospel avant la nuit avec une aussi grosse étape dans les jambes. J’entends, et j’accélère par peur de ne pas réussir mon pari, courant même parfois pour faire mentir mes topos ! La descente jusqu’à Sospel est incroyablement longue et difficile, elle est réputée pour cela et comme elle s’ajoute à mes grosses étapes de ces derniers jours et à une journée de plus de 41 kilomètres, ça ne pardonne pas, mes pieds en font les frais.

Arrivé à Sospel épuisé, rincé, sous les coups des 19h30 seulement, j’achète quelques victuailles dans l’épicerie du village et je vais directement au camping pour m’installer. C’est de loin la pire étape de ma traversée. Je vais dans un bar pour y attendre ma chérie qui a eu du retard avec son train, je fais un peu de pharmacie pour mes pieds sanguinolent en attendant. Demain, c’est la dernière étape d’un long et magnifique périple. Je commence à sentir que la fin s’approche et que mon retour à la civilisation est inévitable. Mais l’émotion ne viendra que plus tard, car pour l’heure, j’ai bien trop mal aux jambes, au pieds et aux mollets pour m’attrister là-dessus.

Jour 24 : Saint-Dalmas de Valdebore / Refuge de Nice (37 kms, 3100m de D+)

Pour cette première partie d’étape, ce sera direction le Boréon et son lac (barrage). Comme je ne continue évidemment pas sur Nice, je retourne dans le Mercantour avec grand plaisir. Après avoir passé assez facilement le col de Veillos, je prends le temps d’admirer le lac Gros entouré ce jour là d’innombrables moutons. Je continue jusqu’au le col de Barns, non loin de là. Ensuite, la descente se fait très facilement avec un chemin plutôt roulant et boisé avec un joli torrent qui le traverse. Après le col de Salèze, très facile à monter malgré la chaleur, la descente qui suit me mènera tout droit à la moitié de mon étape : Le Boréon. Petite pause oblige avec une chaleur toujours écrasante et une eau se faisant de plus en plus rare. En plus, comme les gites et autres hébergements du secteurs n’ouvrent pas avant 15h30 / 16h, il faut se débrouiller pour trouver à boire et à manger entre 12h00 et 16h00. C’est quelque chose qui a tendance à m’énerver un petit peu, mais passons. Faute de mieux, je trouve un filet d’eau qui me permet de boire un peu. Attention, à partir de cette étape jusqu’à Menton, les points d’eau sont rares voir très rares et il m’est arrivé à plusieurs reprises de me retrouver dans de mauvaises postures.  Je poursuis ma route en direction du lac du Trécol pour atteindre le pas des Ladres.

Magnifique lac avec son petit îlot au milieu. Je discute avec quelques bénévoles de la FFR qui retracent cette partie du GR5. Je passe ensuite par le col de Fenestre, puis par la Madone de Fenestre en passant devant le lac de la Madone de Fenestre. Le chemin continu jusqu’au refuge de la Madone où je prendrai le temps de manger la meilleure tarte aux myrtilles de la GTA, et dieu sait que j’en ai goûté souvent ! Ensuite, je monte le pas du Mont Collomb par des éboulis. Question ambiance, c’est, comment dirais-je… très spécial. D’un côté, les nuages et le brouillard nous privant de la vue donnent un côté « seigneur des anneaux » indéniable, comme une plongée dans l’inconnu. De l’autre, la vue et le beau temps qui éclaire encore jusqu’au refuge de la Madone. On passe de la lumière à l’ombre, c’est plutôt saisissant.

De l’autre côté, ce n’est pas un, ni deux chamois, mais facilement une dizaine que j’aperçois dont certains sont vraiment proches de moi mais qui par peur s’enfuient rapidement. La descente dans cette brume intense est relativement chaotique. Il y a pas mal d’éboulis dans lesquels le chemin et plutôt compliqué à trouver, d’autant encore une fois que le climat de ce côté-ci du pas ne m’est pas très favorable.
Une fois descendu, j’atteins le barrage du lac des Fous, ce barrage que je dois contourner pour arriver au refuge de Nice qui signe la fin de cette grande étape ! J’arrive relativement tard, je n’étais pas prévu à table mais gentiment le gardien me dresse un couvert. Je pars ensuite au bord du lac pour dormir au milieu des bouquetins, car jusqu’à Menton, plus aucune étape ne sera facile.

 

Jour 23 : Refuge du Longon / Saint Dalmas de Valdeblore (23kms / 1000m de D+)

Belle descente pendant une dizaine de kilomètres jusqu’à la Vacherie de Roure au milieu d’une oasis (rivière, pin, on quitte le minéral) puis jusqu’au village de Roure, un village très particulier avec une roche éminemment rouge (ce qui fait sa réputation).

Le village est tout en pente à flan de falaise. La traversée par la suite de Roure jusqu’à Rimplas n’a rien de très intéressant, une grande et longue route forestière nous amènera jusqu’à Rimplas. Et de Rimplas jusqu’à Saint-Dalmas de Valdeblore, rien de saisissant non plus, un itinéraire plutôt commun où on finit par entrer dans ce village de Saint Dalmas qui est un point de passage important pour moi. Il clôt mon aventure sur le GR5, pour emprunter le GR52 jusqu’à Menton lorsque ceux qui suivent encore le GR5 s’orienteront vers Nice.
Je trouve au demeurant un camping très sympathique avec une patronne très à l’écoute et un service impeccable ! Assez rare pour le souligner, n’hésitez pas à vous arrêter là-bas.

Jour 22 : Auron / Refuge du Longon (27 kms / 1600m de D+)

Je sors de la station par une piste forestière, pas spécialement attrayante, mais comme c’est très souvent le cas autour des stations. Heureusement, je reprends rapidement un véritable sentier pour attaquer le col du Blainon (500 m de D+).
Du col, on descend direction le clos Giordan, puis Roya (« capitale » de la vallée du même nom où beaucoup de personnes aiment séjourner). Après avoir passé le vallon de la Mairis puis celui de Salle-Vieille, on monte jusqu’au plan de Laces puis jusqu’au col de Crousette qui ne se laisse pas faire du tout…! Je ne sais pas si c’est les 41 kms de la veille qui sont encore dans mes jambes (sans doute) ou le petit déjeuner que j’ai pris avant de partir (alors que je ne suis pas habitué à déjeuner), mais il me tardait vraiment d’arriver au bout de ce col. Je traverse un véritable désert minéral pendant cette étape, une chouette expérience à vivre où on peut facilement imaginer ce que c’est de marcher dans des endroits désertiques éloignés de tout, sans voir âme qui vive pendant des kilomètres avec un soleil harassant. Une fois au refuge me voila dans un univers très particulier de pâturages verdoyants qui contraste avec l’ensemble de l’étape, je retrouve Bruno qui avait pris pas mal d’avance sur moi avec mon jour et demi d’arrêt et que j’ai pu retrouver ce soir grâce à mes deux dernières grosses étapes. Exténué, je prends le temps tout de même de boire l’apéro avec lui et de prendre un bon repas avec les personnes présentes au refuge. Très bonne ambiance dans un cadre paisible au possible. Je fais mon bivouac assez loin du refuge, au beau milieu du Mercantour.

Le vallon à mon arrivée au refuge de Longon

 

Jour 21 : Larche / Auron (41 kms, 2400m de D+)

Lac de Lauzanier

Grosse étape aujourd’hui. Et une première pour moi : plus de 41 kms avec un dénivelé de près de 2500m de D+. Ça ne va pas être de tout repos mais je n’ai pas trop le choix, car ma copine a pris des billets d’avion pour venir faire avec moi la dernière étape de la traversée (Sospel / Menton), et comme j’ai pris un jour et demie de retard sur mon itinéraire à cause de cette maudite ampoule bizarre, et qu’en plus pour que son billet coûte moins cher il fallait déjà que je gagne une journée, me voilà donc avec deux jours et demie à rattraper alors que mes étapes étaient déjà plutôt longues.

Cette dernière semaine de traversée va s’avérer physiquement difficile. Alors que je marque mon entrée dans le Parc National du Mercantour. Je suis l’Ubayette depuis la route jusqu’au lac de Lauzanier avec un lever de soleil radieux. Le lac est somptueux, niché en plein cœur des premières montagnes du massif. Au-dessus, c’est le lac de Derrière La Croix qui me tend les bras avant la montée jusqu’au pas de la Cavale. Après une descente assez raide, je rejoins le col des fourches où subsistent encore quelques baraquements militaires que l’on peut « visiter ».
Ensuite, on suit un sentier coupant la route à plusieurs reprises jusqu’au très joli petit village de Bousiéyas où je mange mon repas de midi. Un village parsemé de ruelles descendantes qui lui confèrent tout son charme.
De Boussiéyas, je rejoins Saint-Dalmas-Le-Selvage en passant par le col de la Colombière. Du col, je descends jusqu’à Saint-Dalmas en passant par le hameau très atypique de Rochepin. Je continue en direction  du col d’Anelle (facile d’accès) puis je redescends sur Saint-Etienne-de-Tinée.
Je prends ensuite le chemin direction Auron, la station où ma place de camping m’attend. Cette dernière montée est difficile, car même si le mental est très bon, les jambes ont toujours un peu plus de difficultés à répondre au-delà de 2000m de D+ dans la journée. Heureusement, la propriétaire du camping est adorable et m’a même convié à un repas du soir que je me dois de refuser, trop fatigué, c’est le sac de couchage qui m’appelle !

Très en forme aujourd’hui, j’arrive au bout sous les coups des 17h00 seulement, mais avec un mal de genoux et des mollets contractés au possible. Ce fut une des plus belles étapes de ma traversée jusqu’à maintenant, avec des paysages préservés à couper le souffle.

L’Ubaye

La montée vers le lac de Lauzanier

 

 

 

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